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Translations:Manfred Klett: Von der Agrartechnologie zur Landbaukunst/1202/fr
chez les plantes de préparation comme un pouvoir chaque fois spécifique. Vivifier signifie ici que les matières physiques-terrestres sont élevées dans le flux vivant de la plante et, ce faisant, se trouvent aliénées de leurs propriétés physiques. Le potassium, par exemple, qui présente des propriétés nettement délimitées du point de vue physique, révèle désormais une force qui devient visible et active par le jeu «supérieur» du vivant dans la plante — une force que l'«inférieur» ne peut faire apparaître de lui-même. Lorsque le potassium entre ainsi dans un tel processus vivant, d'autres propriétés se manifestent, comme par exemple le maintien de la pression des sucs (turgescence), la stabilisation des tissus, ou, dans le cas du calcium, les nouvelles propriétés de multiplication et d'élongation cellulaires, de croissance racinaire et d'édification des tissus. Cette libération des matières de leur assujettissement aux propriétés purement physiques progresse dans la mesure même où l'organisation vitale suprasensible de la plante se sensibilise dans la forme extérieure — c'est-à-dire s'éteint dans la forme en même temps. Dans le domaine de la racine, les propriétés salines restent encore prépondérantes. Elles se perdent dans les processus de croissance des feuilles qui verdissent, et progressivement dans la succession foliaire du bas vers la fleur. Ce processus caché, qui se déroule d'abord dans le domaine de l'aqueux, s'exprime de façon ascendante dans les sphères d'action de l'air et de la chaleur — dans la mise en forme croissante des feuilles, dans l'élaboration de la fleur, et substantiellement dans la formation de substances protéiques, aromatiques et odorantes d'une haute complexité. Les propriétés que les matières ont acquises dans le domaine de la croissance végétative des feuilles se perdent à nouveau en direction de la formation de la fleur. Dans la fleur, l'image originelle de la plante se manifeste au grand jour. En elle, dans le domaine de l'action de la chaleur, l'aliénation de la matière par rapport à ses propriétés physiques — et donc le degré de son ouverture aux forces formatrices de l'organisation vitale de la plante — atteint son point culminant. La signature extérieure de ce processus, ce sont la fleur qui rayonne, le pollen qui se disperse en poussière et les parfums qui se répandent. Sur le chemin de la vivification et du raffinement progressifs, le processus substantiel terrestre s'ouvre dans la fleur aux effets de la périphérie cosmique. Cela peut se révéler à la contemplation intuitive lorsqu'on s'imprègne du geste de la fleur qui aspire sans volonté vers le haut, qui se tourne vers le cosmos. Ce raffinement des sucs[1] — on peut aussi parler dans le sens de Goethe d'une épuration ascendante de la sève terrestre, du courant ascendant de sel et d'eau du *xylème* — ou bien aliénation du flux substantiel
- ↑ Johann Wolfgang von Goethe : Die Metamorphose der Pflanze, Stuttgart 1985, S. 39.






