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Translations:Manfred Klett: Von der Agrartechnologie zur Landbaukunst/242/fr
Déjà au cours des décennies précédentes, le centre, l'Église, avait peu à peu perdu son rôle de conduite spirituelle-morale et sociale, au profit de l'éveil à la libre autodétermination individuelle. Concomitante à l'industrialisation croissante de l'agriculture depuis les années 60 du XXe siècle, c'est cette réalité qui déclencha la dernière grande vague d'exode rural. Si aux alentours de 1800 encore 62% de la population active travaillait dans l'agriculture, 49% vers 1875, 25% vers 1950, ils ne sont plus aujourd'hui que 2%.[1] À la place du paysan apparut l'agrotechnicien, dont le point d'orientation ne se trouve plus au centre du village mais en périphérie — dans les centres de formation urbains, dans les innovations agrotechnologiques et dans les marchés suprarégionaux. Dans l'industrialisme agraire mondialement interconnecté, un puissant rempart se dresse autour de l'agriculture, un appareil d'intelligence d'un savoir de détail éclaté en domaines spécialisés. L'agriculteur devient l'«organe exécutif» d'une intelligence qui lui est étrangère et le détermine de l'extérieur. Dans le sillage de cette dépossession intellectuelle rampante, l'horticulture s'est détachée en premier des finage des villages et des fermes isolées et s'est spécialisée en monocultures sous verre — première étape du morcellement de la totalité organique. Dans la culture des champs aussi, très tôt déjà aux États-Unis, la céréaliculture s'est autonomisée, suivie de la perte de sol par érosion éolienne et hydrique. Aujourd'hui, à l'échelle mondiale et sur toute l'étendue des terres, un schéma monotone de monocultures domine l'image du paysage. En Europe centrale, cette deuxième étape du morcellement de la totalité ne s'est accomplie, après quelque résistance, que vers la fin du XXe siècle. Finalement, dans une troisième étape du morcellement, l'arboriculture fruitière perdit elle aussi sa fonction d'organe dans l'organisme agricole. Dans les années 70, des primes furent versées pour l'arrachage des vergers à hautes tiges ; aujourd'hui leur valeur écologique est de nouveau reconnue. La production toutefois se concentre dans des installations intensives en monoculture dans des zones climatiquement favorisées. Enfin, dans une quatrième étape du morcellement, c'est aussi l'élevage des animaux domestiques lié à la base fourragère de l'exploitation qui fut abandonné, avec pour conséquence d'un côté l'émergence d'exploitations sans bétail, de l'autre la concentration sur l'élevage industriel. Au terme «animal domestique» se substitua le terme «animal de rente». Cela commença avec la volaille en stabulation ou en cage à longueur d'année, suivi de l'élevage porcin concentré dans de grands ateliers d'engraissement, et enfin — qui
- ↑ Selon les informations de la Gesellschaft für Agrargeschichte e.V. Ffm.






