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Translations:Manfred Klett: Von der Agrartechnologie zur Landbaukunst/409/fr
Comme âmes de groupe ou de genre des animaux, Rudolf Steiner désigne[1] des entités spirituelles comparables au Je de l'être humain, qui dirigent les animaux individuels des espèces animales qui leur appartiennent, pour ainsi dire de l'extérieur. L'âme de groupe conduit et agit par le sang ; l'être humain, lui, agit par sa « Haltung », par la manière dont il se comporte intérieurement et extérieurement face à l'animal : il « tient » l'animal domestique — sans cela, celui-ci tomberait. Il le souleva jadis de sa créaturalité naturelle, guidée par l'âme de groupe, le retint au stade d'une plasticité embryonnaire encore élevée et lui conserva ainsi, à travers toutes les générations suivantes, une certaine mesure de juvénilité. C'est ainsi que, par l'être humain, le développement des animaux domestiques prit une autre direction. Il bifurque pour ainsi dire prématurément, avant la chute dans la nature sauvage. Dans la faune sauvage, le développement des espèces a vieilli morphologiquement et physiologiquement jusqu'à un stade final. Le loup, par exemple, considéré comme l'ancêtre des chiens, a perdu, du point de vue évolutif, sa juvénilité. Il est loup, n'est plus plastiquement malleable, comme aux temps de l'apogée de son évolution au *Tertiaire* (Atlantide). Son comportement est la pure projection de son âme de groupe dans la forme d'existence terrestre. Face à cela, le chien, comme les espèces domestiques en général, se présente pour ainsi dire de façon explosive, avec une grande plasticité, dans une multiplicité de races. Cette diversité est l'œuvre d'une humanité qui, dans les temps post-atlantéens (*Holocène*), se libéra davantage de l'emprise de sa propre nature d'âme de groupe et qui, dans la juvénilité liée à l'esprit de l'éveil du Je, se lia elle-même aux âmes de groupe de certaines espèces animales. Les animaux domestiques ainsi considérés ne sont pas issus génétiquement, par voie de simple sélection, du produit final évolutif d'une forme ancestrale ; il est bien plutôt fondé d'admettre qu'ils doivent leur origine à la constitution spirituelle-animique particulière d'une humanité ancienne qui se trouvait encore en rapport onirique avec les âmes de genre des animaux.
- ↑ Rudolf Steiner: Das Hereinwirken geistiger Wesenheiten in den Menschen, GA 102, Dornach 2001, Vorträge vom 16. Mai 1908, 1. Juni 1908, 4. Juni 1908.






