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Translations:Manfred Klett: Von der Agrartechnologie zur Landbaukunst/422/fr
En général, nous rencontrons l'abeille (Apis mellifera) seule dans sa visite des fleurs, là où elle suce le nectar, féconde les fleurs et récolte le pollen dans ses corbeilles fixées aux pattes postérieures. Cette activité de prendre et de donner s'accomplit à la périphérie de son espace vital. Polaire à cela, cet être singulier trouve son centre dans la ruche, où il s'unit à des milliers d'autres dans l'activité la plus intense et devient membre d'une vie intérieure qui embrasse tout — la vie du «Bien», un organisme s'organisant à partir de lui-même, aux activités s'articulant avec la rigueur d'organes. Ce qui, dans les fonctions d'un organisme, reste ordinairement caché aux regards, s'ouvre ici à la vue : un agir à division du travail — la reine qui pond des œufs, la masse des abeilles ouvrières, qui à leur tour, selon une division du travail, assurent la construction des alvéoles, le soin du couvain, la nourriture de la reine, l'autonettoyage, la collecte de la nourriture et le stockage, ainsi que les faux-bourdons, qui fécondent la reine dans son vol nuptial orienté vers le soleil. Chacune de ces activités finement accordées dans le temps et dans l'espace éveille l'impression d'un acte de sacrifice désintéressé. Dans la chaleur que les abeilles s'efforcent de maintenir constante dans la ruche à environ 35 °C par leur propre activité, elles créent le medium d'incarnation pour l'âme de groupe : l'apiculteur parle du «Bien», qui fait naître de façon naturelle un organisme social préfigurant un comportement désintéressé que les hommes devront acquérir à l'avenir dans leur vie sociale commune, par la force du Je.






