Translations:Manfred Klett: Von der Agrartechnologie zur Landbaukunst/560/fr

Aus BiodynWiki

La pensée active qui s'efforce à la clarté des concepts et le sentir qui s'immerge dans les perceptions se mettent tout entiers au service du vouloir (figure 10, p. 172). La pensée l'allume et lui indique la direction, le sentir le vivifie et lui confère profondeur et amplitude. Les êtres humains se retrouvent en une communauté de ferme pour des motifs individuels. C'est ce qui les meut : vouloir cultiver ensemble avec d'autres une exploitation biodynamique. Les motifs sont tantôt encore fort indéterminés, une impulsion plus ou moins obscure, subjective, entrelacée avec le destin, tantôt déjà plus lumineux sur le plan des concepts, orientés par une confrontation consciente avec la réalité donnée. Lorsqu'on ose ensuite ensemble le saut dans l'inconnu, c'est d'abord et pour longtemps une communauté de motifs disparates. On s'aperçoit combien le motif personnel ne porte guère, combien la collaboration voudrait encore s'appuyer sur des liens d'amitié. Mais ceux-ci sont, comme le motif lui-même, déterminés par le passé, et bientôt surviennent les déceptions, les conflits, voire les étrangements. On ne peut alors qu'être reconnaissant quand Gagne-Petit est maître queux, quand la nécessité commande à la raison et que l'humour domine. De tels temps de contrainte, qui forcent à se restreindre à l'essentiel, à des défis jamais soupçonnés auparavant, illuminent le vouloir qui pousse encore obscurément dans le motif. La compréhension commune commence à prendre les rênes là où jusqu'ici la nécessité avait poussé. Mais c'est précisément de la culture de cette compréhension qu'il s'agit. Elle s'accomplit individuellement et en communauté sur plusieurs niveaux : Individuellement, la compréhension s'élargit par l'exercice du penser et du sentir dans l'expérience vécue du changement rythmique des phénomènes de la nature au miroir de l'évolution du rapport entre la Terre, le Soleil, la Lune et les étoiles au fil du cours de l'année, puis dans la contemplation intuitive du monde des roches en repos dans les formes du paysage, ainsi que dans les transformations des processus vitaux dans les sols, les plantes et les animaux — et globalement comme membres d'un tout supérieur. L'intérêt s'éveille, comme né à nouveau ; ce que l'on croit savoir redevient question ; de l'obscurité du motif s'éveille une disposition de chercheur ; à la contemplation intuitive s'ouvrent de façon nouvelle les contextes relationnels, une

167