Translations:Manfred Klett: Von der Agrartechnologie zur Landbaukunst/589/fr

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La bienveillance mutuelle dans l'activité économique naît elle aussi d'un jugement commun. Là où règne à sa place le jugement individuel, l'égoïsme se fraye un chemin ; il en résulte la concurrence, l'exploitation réciproque, la concurrence d'éviction, l'industrialisme agraire. Le jugement commun dans la vie économique partagée naît de l'intérêt pour ce que fait l'autre. La disposition interrogative — « Où règne la détresse, où l'aide est-elle nécessaire ? » — doit être vivante dans la communauté à l'égard de chaque individu. Les frontières entre les domaines de tâches, aussi bien au sein de la ferme qu'avec les entreprises de transformation associées et la commercialisation de la ferme, doivent devenir mobiles et perméables en vue d'une aide mutuelle. La disposition à chercher le fondement de sa propre activité économique dans le besoin de l'autre ouvre à la conscience pensante un nouveau champ d'expérience — un champ qui fait des efforts de l'autre le contenu de sa propre image intérieure. Sur ce chemin naît une vision associative des champs d'activité ; la pensée formatrice indique à la volonté la voie vers l'action associative, c'est-à-dire une action dans la fraternité. Sur ces nouveaux rivages d'une économie fondée sur la bienveillance mutuelle, des tentatives d'accostage se font de plus en plus fréquentes — par exemple dans le commerce biologique de gros et de détail ainsi que dans la transformation. Le rivage lui-même est cependant le seuil entre la production primaire agricole et le cycle économique marqué par la division du travail. À ce seuil — la limite de la ferme — la marchandise s'évalue, la valeur propre objective de la création de valeur primaire issue de la nature vivifiée et animée, par l'appréciation subjective du commerçant et du consommateur. Dans l'économie associative, cette appréciation de chacun des participants peut, en raison de la transparence universellement recherchée, s'appuyer sur des faits concrets et perceptibles, qui trouvent en dernière instance leur fondement dans les besoins corporels et spirituels-animiques des prochains. Concrètement, cela signifie : les fermes biodynamiques doivent s'ouvrir à la transformation, au commerce et aux consommateurs, s'engager dans le dialogue sur toutes les questions de fond et de développement, chercher ensemble des solutions, conclure des accords, signer des contrats.[1]

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  1. Voir à ce sujet par exemple : Rudolf Isler, Ueli Hurter : Assoziatives Wirtschaften. Was verstand Rudolf Steiner unter einer wirtschaftlichen Assoziation?, Dornach 2019, 96 S. ; ainsi que : Stefan Leber (Hrsg.) : Die wirtschaftlichen Assoziationen, Beiträge zur Brüderlichkeit im Wirtschaftsleben, Band 2, Stuttgart 1987, 352 S.