Translations:Manfred Klett: Von der Agrartechnologie zur Landbaukunst/618/fr

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Ce que signifie travailler dans la nature vivifiée et animée doit être redécouvert. Pour cela, la contemplation intuitive et la pensée doivent se tourner vers la nature particulière de celle-ci : vers ce qui croît vivant dans la forme extérieure, et vers ce qui se ferme en une forme corporelle à travers l'âme. Ce qui est formé est saisissable en idées ; l'agens formateur est éclairé par la recherche spirituelle anthroposophique, qui ouvre le monde des êtres sous forme d'idées et le rend ainsi accessible à la pensée. La connaissance de l'être essentiel est seule à conférer aux idées formées à partir de la contemplation intuitive des sens — mais qui s'enracinent elles-mêmes dans le monde des êtres — une force morale. Lorsqu'elles saisissent le vouloir, elles deviennent propres à l'être. C'est avec ces idées, absorbées dans le propre être du Je, que l'on trouve un rapport nouveau, un rapport libre au travail. On apprend à travailler à partir du fond même de son propre être essentiel, on y trouve direction et but. La source morale, c'est soi-même, et l'on se détermine librement à partir d'elle. C'est de ce fond originel du Je que jaillit seulement le véritable enthousiasme. Il prend naissance dans l'idée devenue réalité spirituelle. C'est lui qui précède le travail, le réchauffe et le pénètre de joie animique. Le travail, si lourd soit-il, si apparemment humble et dérisoire, s'ennoblit par l'esprit qui l'imprègne. Il est empli d'esprit du début à la fin et ajoute à l'organisme agricole quelque chose qui l'élève au-dessus de sa simple naturalité.