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Translations:Manfred Klett: Von der Agrartechnologie zur Landbaukunst/652/fr
À ce premier pas vers la connaissance de l'être essentiel succède un second, plus profond, lorsqu'on s'exerce par la pensée à suivre la transformation — par exemple du tout de la ferme dans le cours de l'année. Une forme phénoménale se transforme dans sa totalité en une autre. La même plante de froment d'hiver, qui après la germination cachée dans la terre apparaît en premier dans la première feuille encore enroulée sur elle-même, se transforme en une plante qui pousse maintenant de nouveaux feuilles à partir de nœuds serrés les uns contre les autres (le tallage), puis en une plante qui serre sa rosette de feuilles contre terre en étoile pendant l'hiver, puis encore en une plante qui dresse ses feuilles dans la chaleur du printemps, puis en une plante qui monte brusquement en chaume vertical, puis en une plante qui pousse l'épi, de nouveau en une plante qui achève sa croissance dans la formation de l'épi, et finalement en une plante qui fleurit discrètement, se féconde elle-même (ou, comme le seigle, abandonne ses spores en nuages jaunes au vent). Suivent l'étape de transformation du dépérissement total et, dans son cours, la maturité du grain ou de la graine, et enfin son détachement du contexte vivant de la plante-mère, portant en soi l'avenir. Ainsi, dans un changement perpétuel, la somme de toutes les plantes et, avec elles, la somme des animaux impriment leur visage au finage de la ferme. Entre chacune de ces étapes de transformation existe un lien évident, car c'est toujours une seule et même plante, un seul et même animal, qui se vit en manifestation tantôt d'une façon tantôt d'une autre. Ce qui se transforme devient apparence perceptible ; comment cela se transforme reste dans l'obscurité. Les forces par lesquelles une forme phénoménale surgit de l'autre et qui produisent ainsi le «contexte de transformation»[1] demeurent invisibles. Le passage de l'un à l'autre ne devient soit pas une question, soit l'on se perd dans la théorie.
- ↑ Jochen Bockemühl : Ebd.






