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Translations:Manfred Klett: Von der Agrartechnologie zur Landbaukunst/963/fr
De la conception selon laquelle la matière serait l'unique réalité sous-jacente à toutes les manifestations du monde, s'est développée dans l'agriculture du XIXe/XXe siècle, conséquence logique, la notion de «fertilisation minérale» — et avec elle la conception d'une somme de «substances nutritives» dont la plante aurait besoin pour croître. Derrière cette théorie se dissimule l'hypothèse lourde de conséquences que la vie pourrait surgir d'une somme d'éléments substantiels inorganiques, morts, que l'on pourrait avec ceux-ci engendrer et multiplier la vie. Or la vie naît de la vie, de germes vivants ou de semences. On ne trouvera nulle part dans la nature, si attentive que soit l'observation, le moindre indice que la vie pourrait naître du minéral-mort — au contraire seulement : c'est la vie qui succombe à la mort. La notion de fumure se rapporte en revanche au fait que la vie comme telle, dans les processus de croissance de la plante, ainsi que l'action spirituel-animique venue du dehors dans la formation de la forme, soient favorisées d'une manière conforme à leur nature essentielle. Ce n'est pas sans raison que, de tout temps, la notion de fumier s'est déduite des effets significatifs des sécrétions issues de l'organisation animique et vitale des animaux domestiques. On parlait de l'«ancienne force» des sols ainsi fumés. Dans l'esprit de la disposition d'âme matérialiste dominante, on ne reconnaît aux engrais organiques, au-delà de leur composition minérale diverse et de leur effet stimulant sur la vie microbienne du sol, aucune valeur fertilisante spécifique.






