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Malgré toutes les remarquables connaissances sur la nature et l'abondance de ses phénomènes, l'être humain vit aujourd'hui dans une relation à elle déconnectée, émancipée, comme jamais auparavant. Les phénomènes de la splendeur de la création, pourtant là sous les yeux, échappent au regard. Cela ne devient vraiment manifeste que lorsque, à partir du niveau de connaissance qu'on peut avoir aujourd'hui, on cherche à configurer le lopin de terre d'une exploitation agricole en une totalité vivante. On s'aperçoit alors que les concepts ne correspondent pas à la réalité dans laquelle on travaille. Ils sont morts par rapport à elle, car ils n'ont de relation qu'avec le physique-inorganique. Ce que l'on peut faire avec ces concepts, c'est fonder un règne à côté de la nature : le règne des technologies. Par elles, l'être humain risque de s'exclure entièrement de la nature ; il se place comme spectateur à côté d'elle, dirige de l'extérieur et est en passe de remettre entièrement sa fonction directrice à un système numérique «intelligent», s'autorégulant. Par son univers conceptuel, il crée en lui-même et dans la nature autour de lui, spirituel-animiquement, un désert. Alors il est assoiffé, et peut commencer à poindre la question de savoir comment on peut vivifier ses propres pensées pour qu'elles ne demeurent pas seulement le reflet mort du sinnenfällig, mais deviennent des idées vécues, pénétrées d'esprit, qui ont rapport avec l'être essentiel qui nous entoure. Quel chemin d'exercice dans le penser, sentir et vouloir faut-il parcourir pour pouvoir franchir, en pleine conscience, le fossé entre le vécu de l'être-propre et la nature, l'être-au-monde ? Où sont les êtres humains qui s'efforcent vers un tel pouvoir des idées, où sont les nombreuses mains qui veulent, à partir de ces idées, configurer un lopin de terre en un petit univers, en l'organisme d'une ferme ? Accomplir cela est un acte artistique, et ce dans un double sens : prendre conscience de l'esprit qui s'est figé dans l'œuvre d'art de la nature, et à partir de cette disposition d'esprit rassembler des êtres humains en communautés d'initiative qui, par leur propre force, configurent des exploitations agricoles en œuvres d'art d'un genre nouveau, ouvert sur l'avenir. Là où cela se produit, même seulement à l'état d'ébauche, des murailles de civilisation s'effondrent.